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L’andinisme :

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Claude et Georges Kogan, Lionel Terray, René Desmaison, Nicolas Jaeger, Renatto Casarotto, et bien d’autres, autant de noms familiers qui ont laissé leur empreinte (et réciproquement) dans ce pays parsemé de cordillères…

Ces alpinistes chevronnés n’ont pu, cependant, au cours d’une seule vie, tout connaître des cordillères péruviennes. On n’en dénombre pas moins de dix-huit ! La plus connue d’entre elles est la Cordillère Blanche. Les autres, bien souvent, restent aujourd’hui encore largement méconnues, malgré près d’un siècle d’andinisme.

Mais que venaient chercher nos illustres prédécesseurs ? L’aventure, le dépaysement, de nouveaux horizons, la gloire de nouvelles conquêtes, un contact avec ce peuple chaleureux à la culture millénaire ? Ou simplement des montagnes aux formes parfaites, dignes des plus beaux rêves, comme des conquistadors modernes à la quête d’un trésor esthétique ?

Certes, certaines « premières » n’étaient plus vraiment des « premières » ! Les Incas, bien avant les aventuriers du XXe siècle, s’étaient hissés sur quelques-uns de ces sommets, lieux de rituel à la hauteur des Dieux, pour mieux mériter leurs faveurs et la clémence des volcans, monstres sous terrains. Récemment encore, on retrouvait une momie vieille de 5 siècles, dans le cratère du volcan Ampato, à 6 300 mètres d’altitude.

Andinisme au Pérou : Ascension du huascaran

noleftIl faudra attendre le XXe siècle pour que les plus hauts sommets du Pérou soient conquis. En 1932, le pic Sud du Huascaran, point culminant du Pérou est atteint. En 1951, une équipe de Niçois menée par les époux Kogan réalisent les « premières » du Pisco+, du Quitaraju et surtout de l’Alpamayo considéré alors comme la plus belle montagne du monde.

Un an plus tard, Claude Kogan retourne au Pérou et s’octroie la « première » du

Salcantay, beau sommet proche de Cuzco. En 1956, Lionel Terray, enfin, découvre le pays des Incas. Il écrit, dans son livre Les Conquérants de l’Inutile : « Cette brève expédition au Pérou sur ces pics aux formes hardies, que les gigantesques corniches et les draperies de glace parent d’une élégance sans rivale, m’a laissé un des meilleurs souvenirs de toute ma vie ».

Il reviendra 4 ans plus tard pour tracer des itinéraires audacieux sur des sommets escarpés et vierges de la cordillère de Vilcabamba et de la Cordillère Blanche (Chacraraju, Taulliraju).

Dans les années 1970, tous les sommets principaux sont gravis. Les andinistes vont alors rechercher la difficulté, en traçant des itinéraires directs, esthétiques. René Desmaison sera l’un des maîtres de file de cette période. De ses films, on retiendra quelques ascensions marquantes, comme celle de la face Sud du Huandoy, ou celle de l’arête Est du Chopicalqui.

Souvenons-nous aussi de l’incroyable aventure de Joe Simpson et de Simon Yates qui, après avoir ouvert un nouvel itinéraire sur la Siula Grande dans la Cordillère Huayhash, vécurent un drame terrible au cours de la descente. Leur livre, La Mort Suspendue, retrace cette incroyable histoire et figure parmi les grands classiques de la littérature andine.

Ainsi, en 2003, les principaux sommets péruviens ont été gravis, et par des voies différentes. Mais détrompez-vous, l’aventure est toujours présente dans ce pays aux multiples cordillères.

Le petit village de Huaraz au cœur de la Cordillère Blanche, s’est lentement mué en ville touristique, mais aussi comme le lieu de rendez-vous des andinistes du monde entier, venus se frotter aux innombrables « nevados » tout proches.

Hôtels, restaurants, supermarchés, boutiques offrent toutes sortes de facilités et estompent progressivement l’ambiance andine de la capitale de la province Ancash. Toutefois, dès l’ores que l’on quitte la ville, on s’aperçoit que les massifs n’ont rien perdu de leur authenticité. Très vite, on ressent la sensation de marcher sur les pas de nos prédécesseurs, et quelle que soit l’ascension en vue, l’aventure sera au rendez-vous. Forcément.