Découverte du Machu Picchu

C’est le déluge ce matin du 24 juillet 1911, au pied du Huaynapicchu, montagne qui surplombe fièrement la vallée encaissée du Rio Urubamba… Chance ou destin ? Hiram Bingham s’était installé la veille à la tombée de la nuit sur les terres gardées par Melchor Arteaga, dans Mandor Pampa et c’est ce même Arteaga qui innocemment, lui livre le secret…

À l’époque, voir un Américain descendre le long de cette vallée oubliée était sujet de curiosité, car pas encore de train, juste un chemin qui servait d’axe commercial entre les Andes et la forêt amazonienne… et lorsque Bingham répond aux insistantes questions des locaux sur les raisons de sa présence dans ce lieu perdu, celui-ci parle de sa recherche du Vilcabamba, dernier refuge des Incas durant la Conquête… « Là haut aussi il y a des ruines » lui rétorque Arteaga, sans méfiance…

Très intéressé, Bingham insiste pour monter le lendemain et ce n’est qu’à contrecoeur que Arteaga accepte de braver les conditions climatiques ce matin là… pas de pont à l’époque, pas de chemin réellement tracé à travers la végétation luxuriante, vers un sommet que l’on ne voit même pas tant la brume est épaisse… Il leur a fallu traverser le torrent au risque d’être emporté mille fois, braver le dénivelé à coup de machette, au travers d’une végétation lugubre remplie de reptiles menaçants… plus de deux heures d’effort, de glissades sur un humus humide et froid, dans un brouillard à couper au couteau…

La pluie s’arrête au moment de leur arrivée au but… Melchor Arteaga mène Bingham dans une végétation dense mais sur un terrain plus plat, et déjà des restes de constructions se laissent deviner… la nature a eu largement le temps de reprendre ses droits sur ce lieu, mais quelques hommes tout de même avaient déjà repris pied sur une partie de la Citadelle…

En effet Hiram Bingham et Arteaga sont acueillis par deux familles résidant sur le site, installés depuis quelques années et qui cultivaient d’anciennes terrasses de cultures préhispaniques… Tous sont très étonnés de voir un étranger passer par ici et on n’hésite pas à lui montrer les lieux, répondant sans méfiance à la curiosité de l’explorateur… Le jeune Pablito, un des fils, invite Bingham à le suivre et lui fait découvrir quelques uns des endroits les plus représentatifs du site, devenant ainsi le premier guide du Machupicchu… le Temple du Soleil, la Place Sacrée et l’Intihuatana, à l’architecture si parfaite, belle et harmonieuse… Bingham pense alors avoir tout simplement avoir découvert le Vilcabamba, sans se douter de l’ampleur de la ville, qui encore pour quelques temps, dort sous une végétation impénétrable…