Vers 200 après J-C, on voit apparaître diverses cultures dans les vallées de la côte: Pisco, Ica, Nazca et Acari. De 400 à 900 ap J-C, à la suite du déclin de la civilisation Chavin et en même temps que la culture Mochica, des cultures régionales se développent au sud. Parmi elles, sur la côte sud, on trouve les cultures Nazca et Paracas.
La religion Nazca a des représentations abstraites et symboliques, fortement influencées par la culture Chavin et elle est bien plus complexe que celle des Mochicas. Un dieu redoutable qui prend la forme d’un poisson, d’un oiseau ou d’un félin est la figure qui domine de loin les autres représentations. Il porte des têtes humaines comme trophées.
Les Nazcas sont coiffés d’un turban dont la forme et la couleur expriment la classe sociale.
La céramique est fine et on lui trouve de nombreuses couleurs (près de 16 différentes). Les tisserands utilisent le coton, la laine de lama et de vigogne. Certaines étoffes mêlent des cheveux humains à des fibres végétales, d’autres associent le coton et les plumes de la forêt tropicale. On retrouve des motifs tels que les oiseaux, les poissons, les insectes, les mammifères, des têtes-trophées, des Dieux et enfin des motifs beaucoup plus abstraits ( traits aux contours noirs et aux couleurs vives). Les artisans de Nazca ont également excellé dans l’art de la poterie : les vases étaient recouverts de dessins délicats, étonnamment fins.
Avec la civilisation de Nazca se rattache l’une des plus grandes énigmes des Andes et peut-être du monde : les géoglyphes qui sont de gigantesques dessins étranges et fascinants tracés sur le sol aride de la Pampa et qui ne sont visibles que du ciel. Ces figures sont obtenues en enlevant la couche superficielle du sol riche en oxyde de fer et découvrant un sable jaunâtre. Il s’agit donc d’un vaste réseau de lignes droites qui s’entrecroisent au milieu d’un inextricable réseau d’arabesques et de figures géométriques ou de représentations d’animaux (oiseaux, baleines, singe, condors, araignée,...) qui s’étend sur une surface de 70 km de long et 3 km de large. C’est le mystère total.
Pour certains, il s’agirait d’une sorte de zodiaque, que les prêtres dessinèrent sur le sol, ou bien d’un impressionnant calendrier, étant donné la coïncidence des lignes avec les solstices d’hivers et d’été. D’autres, comme Maria Reiche, qui consacre sa vie au déchiffrement et à l’explication de ces mystérieux signes, affirme qu’il s’agit bien d’un calendrier astronomique qui guidait les Indiens dans leurs travaux agricoles. Le rapport des lignes et des dessins leurs fournissait, selon l’orientation du soleil et des étoiles, les indications à suivre : irrigation, semailles, dates d’équinoxes éclipse. Les Indiens appellent d’ailleurs ce lieu « El Calendario » (le calendrier).
Pour R. Charroux, il ne s’agirait que de pistes d’atterrissage de nos ancêtres supérieurs : la base de départ des voyages « d’outre monde », ou du message d’un peuple extraterrestre. Erik Van Daniken y voit également une intervention extra-terrestre. D’autres défendent qu’il s’agit d’un calendrier astronomique (thèse plutôt écartée aujourd’hui), plus récemment, on voit dans les signes de Nazca l’expression d’un culte à la montagne ( lignes droites dirigées vers les sources d’eau ) et à la fertilité ( symbolisée par les animaux), on peut encore y voir des chemins initiatiques parcourus régulièrement par les adeptes.
La vérité est que personne ne sait ce que signifient ces surprenants dessins inscrits dans le sol.
C’est un peuple étrange et contradictoire, d’un côté son amour pour la musique, ses connaissances médicales (les chirurgiens savaient trépaner), et de l’autre son effroyable culte des morts et sa coutume des trophées : têtes réduites de leurs ennemis comme les Jivaros, un culte des morts plus fort que le désir de vivre. La civilisation nazca se perd brusquement vers le VIe siècle de notre ère.