Trujillo
La richesse culturelle de la côte nord péruvienne ne saurait être sous-estimée par le visiteur pressé. Souvent délaissée par les touristes qui visitent le Pérou, cette région ne figure généralement pas en tête de l’itinéraire des visiteurs. C’est que le modelé plat et le climat désertique de la côte située au nord de Chimbote n’attirent guère par ses paysages lunaires, presque uniquement minéraux. Pourtant, sur ce sol à l’énorme passé, se dressent encore aujourd’hui certains sites sacrés à l’histoire méconnue des cultures Mochica et Chimú qui ont tout pour séduire les visiteurs, mais qui sont hélas ignorés plus souvent qu’autrement, faute de temps.
N’oublions pas que cette région côtière fut en effet, à une certaine époque, complètement dominée par les brillantes cultures Mochica et Chimú avant qu’elles ne soient supplantées à leur tour par un peuple andin en pleine expansion et plus conquérant, les Incas.
Ville principale de la côte nord, Trujillo conserve fièrement les traces de son passé colonial et constitue le point de départ idéal pour aller visiter la cité abandonnée de Chán-Chán de la culture Chimú ou pour partir à la découverte des vestiges de la culture Mochica encore plus anciens que sont ceux de la Huaca del Sol et de la Huaca de la Luna.
En outre, le nord recèle de pittoresques villages de pêcheurs éparpillés le long de la côte, où il est courant d’observer, en attendant de déguster la prise du jour, les caballitos de tortora bravant habilement les vagues du Pacifique sous la gouverne de leur pilote.
Cette culture apparaît vers l’an 100 de notre ère et dominera pratiquement toute la côte nord péruvienne durant les 500 prochaines années avant d’être la triste victime d’un phénomène récurrent qui se manifeste même aujourd’hui : l’anomalie climatique El Niño.
Les Mochicas sont parvenus, à l’instar des Nascas du sud du Pérou, à domestiquer l’univers désertique de la côte en détournant l’eau qui coule sur le versant occidental des cordillères, en installant des réseaux d’irrigation et en creusant des puits artésiens. Leur céramique est le fleuron de l’art figuratif du Pérou préhispanique et permet de raconter, tel un livre ouvert, l’histoire visuelle de ce fascinant peuple préinca.

